Pourquoi Paris a plus de rats et de souris qu’ailleurs
Paris cumule tout ce qu’un rongeur cherche : un réseau d’égouts continu sous chaque rue, des immeubles anciens aux caves communicantes, une densité de restaurants et de commerces de bouche sans équivalent, et des locaux poubelles ouverts en permanence. Les rats vivent dans les réseaux et remontent par les regards, les caves et les cours. Les souris, elles, ne descendent presque jamais dans les égouts : elles vivent dans le bâti, entre deux cloisons, et passent d’un appartement à l’autre par les gaines.
Chaque chantier de voirie, chaque immeuble en travaux, chaque canalisation ouverte déplace les colonies. C’est pour cela que des rats apparaissent parfois dans un immeuble impeccable : ce n’est pas l’hygiène de l’immeuble qui est en cause, c’est un mouvement dans le réseau à côté.
On ne dératise pas Paris. On dératise un bâtiment, et on le rend difficile à recoloniser.
Ce que dit la réglementation
Le règlement sanitaire départemental de Paris impose aux propriétaires et aux syndics de maintenir les immeubles exempts de rongeurs et d’insectes, et de faire procéder aux traitements nécessaires. Concrètement, un syndic qui laisse des rats s’installer dans un local poubelles engage sa responsabilité vis-à-vis des copropriétaires, et un propriétaire bailleur doit livrer et maintenir un logement décent, sans infestation.
Pour les restaurants, les boulangeries et tous les établissements qui manipulent des denrées, le règlement européen sur l’hygiène alimentaire exige un plan de lutte contre les nuisibles documenté. Lors d’un contrôle de la DDPP, l’absence de contrat, de plan des postes ou de registre des passages est un motif fréquent de mise en demeure. C’est exactement ce que couvre un contrat annuel.
Pour les punaises de lit, la loi place le traitement à la charge du bailleur lorsque l’infestation est présente à l’entrée dans les lieux ou relève de l’état de l’immeuble, et à la charge du locataire lorsqu’il les a introduites. Dans les faits, la preuve est difficile à établir dans les deux sens : notre rapport d’intervention décrit précisément l’état constaté, ce qui aide à trancher sans conflit.
Locataire, propriétaire, syndic : qui appelle, qui paie
- Vous êtes locataire : signalez par écrit à votre propriétaire ou à l’agence, avec des photos. Vous pouvez nous appeler pour un diagnostic, et le rapport servira à faire prendre en charge le traitement.
- Vous êtes propriétaire occupant : si le problème vient des parties communes (cave, cour, gaines), prévenez le syndic ; sinon, l’intervention dans votre logement est à votre charge.
- Vous êtes syndic ou gestionnaire : les parties communes relèvent de la copropriété. Un audit gratuit vous donne un état des lieux et un devis pour un traitement ponctuel ou un contrat annuel.
- Vous êtes commerçant : vous êtes responsable de votre local, indépendamment de l’immeuble. Un contrat avec registre vous protège en cas de contrôle.
Ce qui ne marche pas, et qu’on vous déconseille
Les ultrasons : aucun effet mesurable sur les rongeurs au-delà de quelques jours. Les graines empoisonnées à l’air libre : dangereuses pour les enfants et les animaux, et les rats meurent dans les cloisons. Les bombes insecticides contre les cafards : elles dispersent la colonie. La terre de diatomée seule contre les punaises : insuffisante sur les œufs. Le bicarbonate, les huiles essentielles, le vinaigre : sans effet sur une infestation installée. Ces méthodes font perdre des semaines pendant lesquelles la colonie grandit.